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Plâtrerie & Cloisons

Monter une cloison en placo : tout ce que le chantier demande

Tous les tutoriels donnent le même chiffre : des montants tous les 60 cm. Le tableau du NF DTU 25.41 arrête pourtant la cloison 72/48 en BA 13 à 2,45 m de hauteur quand l’entraxe vaut 0,60 m, et ne tolère 2,50 m qu’au titre de l’expérience acquise. Or une maison loirétaine d’avant-guerre plafonne rarement à 2,50 m. On y mesure 2,70 m, souvent 2,90 m, parfois davantage sous un plafond à la française. Le 60 cm est la valeur qui va avec une hauteur donnée, rien de plus, et personne ne le précise avant que la cloison ne se mette à vibrer au passage d’une porte.

Le reste du chantier fonctionne pareil : chaque étape suppose la précédente réussie, et une cloison ratée se répare rarement au stade où le défaut se voit.

Ce que « monter une cloison » recouvre, et ce que ça exclut

Une cloison de distribution sur ossature métallique, c’est un squelette de profilés en acier galvanisé, rails en haut et en bas, montants verticaux entre les deux, habillé de plaques de plâtre vissées de part et d’autre. Le vide intérieur reçoit l’isolant et les gaines. L’ensemble ne porte que son propre poids.

Plusieurs ouvrages voisins se confondent avec lui et n’obéissent pas aux mêmes règles. Le doublage vient plaquer une isolation contre un mur existant, il ne crée pas de pièce. La contre-cloison double une paroi sans la toucher, pour l’acoustique ou pour rattraper un support ruiné. Le mur en parpaing, lui, appartient au gros œuvre : dès qu’il reprend une charge, on quitte le domaine du placo.

Le carreau de plâtre, monté à la colle, sans ossature, plein sur toute son épaisseur, se travaille autrement et ne se perce pas comme une plaque. Le NF DTU 25.41, lui, couvre les logements, les établissements recevant du public et les bureaux, dans des locaux secs ou modérément humides.

La hauteur sous plafond commande l’ossature

C’est la mesure à prendre avant d’acheter quoi que ce soit : elle détermine le montant, l’entraxe, et par ricochet le nombre de plaques et le prix.

Hauteurs maximales admissibles, parement simple, montants non doublés :

Montant et plaqueÉpaisseur de cloisonEntraxe 0,60 mEntraxe 0,40 m
M48/35 en BA 1372 mm2,45 m2,75 m
M48/50 en BA 1372 mm2,55 m2,90 m
M62/35 en BA 1898 mm3,20 m3,70 m
M70/40 en BA 15100 mm3,40 m3,90 m
M90/40 en BA 15120 mm4,10 m4,70 m

Ces valeurs sont celles du NF DTU 25.41, reprises dans le guide du plaquiste des Industries du Plâtre. Accoler deux montants dos à dos fait gagner environ 60 cm : la 72/48 en M48/35 monte alors à 3,05 m à 60 cm d’entraxe.

Une hauteur sous plafond de 2,70 m interdit donc l’ossature 72/48 la plus courante à 60 cm d’entraxe. Il faut resserrer à 0,40 m, doubler les montants dos à dos, ou passer à des profilés plus larges, ce qui épaissit la cloison de 2 à 3 cm et se paie en surface habitable.

Une note du DTU que les vendeurs oublient rattrape parfois le coup : la hauteur limite de 2,50 m se mesure entre sol fini et plafond. Une cloison montée sur dalle brute peut dépasser au moment de la pose, à condition que la chape et le revêtement ramènent l’écart final sous 2,50 m. Sur un chantier où le carrelage arrive après les cloisons, la différence atteint vite 8 cm.

Depuis la révision de 2022, le plafond absolu est de 6,35 m pour un parement d’une plaque et de 6,85 m pour un parement de deux.

Tracer : le sol d’abord, le plafond à l’aplomb

Le tracé au sol se fait au cordeau, en partant d’un point de référence que vous choisissez, plutôt que du mur le plus proche. Dans une maison ancienne, le mur de départ n’est pas d’aplomb et le sol n’est pas de niveau : caler la cloison sur lui revient à reproduire son défaut sur toute la hauteur, puis à le retrouver dans l’ouverture de porte.

Le report au plafond se fait au fil à plomb ou au laser, à l’aplomb strict du tracé au sol. Un écart de 1 cm entre les deux lignes donne une cloison en biais, que le premier meuble révélera.

Le NF DTU 25.41 donne les tolérances de réception, et elles servent à savoir quand s’arrêter de rattraper : 1 mm de creux ou de bosse sous une règle de 20 cm, 5 mm sous une règle de 2 m, et un faux aplomb qui reste sous 5 mm sur toute la hauteur d’étage. En dessous, c’est fini. Au-dessus, ça se corrige maintenant et pas au ponçage.

L’emplacement des portes se décide à cette étape. Le montant d’huisserie et son renfort se posent en même temps que le reste de l’ossature.

Rails et montants : ce qui se fixe, ce qui reste libre

Les rails se fixent tous les 60 cm au maximum, et jamais à moins de 5 cm du bord d’une dalle béton, sous peine de faire éclater la rive. Le mode de fixation dépend du support et lui seul : cheville ou pistoscellement dans une dalle pleine, cheville uniquement dans une chape, un carrelage ou un revêtement souple, simple vis dans un plancher bois, cheville plus vis dans un plancher à poutrelles et hourdis. La fixation sous un plafond démontable est interdite.

Les montants se coupent à la hauteur sol-plafond diminuée de 1 cm. Ce centimètre laisse la cloison encaisser la flèche du plancher au-dessus sans que les plaques travaillent en compression. Un montant coupé juste transmet chaque mouvement du bâtiment aux joints, et le premier hiver le montre.

Quand la hauteur dépasse la longueur commerciale des profilés, l’aboutage se fait par éclissage sur 15 cm minimum, vissé sur les deux ailes, et les raccords ne s’alignent pas d’un montant au suivant. Deux jonctions côte à côte créent une ligne de faiblesse là où la cloison travaille le plus.

Ce qui doit entrer avant qu’on referme

L’ordre est fixé par le DTU : les incorporations passent après la pose du premier parement et de l’isolant, jamais avant. Le plaquiste ferme un côté, l’électricien et le plombier travaillent dans le vide accessible, puis le second parement vient clore l’ouvrage.

Les gaines empruntent les perçages d’usine des montants, sans découpe sauvage. C’est le moment de vérifier que les circuits arrivent où le tableau de répartition les envoie, et que les attentes d’eau et d’évacuation sortent à la bonne cote.

Tout ce qui pèsera sur cette cloison se prépare ici. Au-delà d’une trentaine de kilos par point, la plaque seule ne tient plus, quelle que soit la cheville. Un tasseau ou un panneau de bois vissé dans les montants avant fermeture fait la différence entre un meuble haut qui tient trente ans et un arrachement au premier remplissage. Le renfort se visse dans l’acier, jamais dans le plâtre.

L’isolant vient en dernier. Dans une 72/48 recevant 45 mm de laine minérale, le fabricant annonce 39 dB d’affaiblissement acoustique : une cloison qui coupe la conversation, pas la chaîne hi-fi.

Visser les plaques : sens, jeu, entraxe

En simple parement, la pose verticale est obligatoire : le NF DTU 25.41 interdit l’horizontale, tolérée en double parement seulement si la cloison n’a aucune exigence de feu ni d’acoustique.

Les plaques se coupent 1 cm plus court que la hauteur, comme les montants, et se posent sur cales pour conserver ce jeu en pied. Une plaque en contact avec le sol boit l’eau de la chape, du lavage ou d’un dégât, et le plâtre la remonte par capillarité sur 20 cm.

Vissez tous les 30 cm, dans les rails comme dans les montants, à 1 cm minimum du bord de la plaque, avec une pénétration d’au moins 10 mm dans l’acier ou 20 mm dans le bois. Les plaques étroites de 90 cm descendent à 25 cm d’entraxe. Au droit d’un joint, les vis des deux plaques se font face : le vissage en quinconce est interdit, et c’est l’erreur la plus répandue.

Vient enfin le croisement. Les joints verticaux d’une face ne tombent pas en face de ceux de l’autre, et les joints horizontaux se décalent entre eux. Près d’une huisserie, le premier joint de toute hauteur se place à 200 mm au minimum du dormant : c’est l’angle de la porte qui fissure en premier quand cette distance n’est pas respectée.

Le joint, et les sept jours que personne n’attend

Le traitement se déroule toujours dans le même ordre : enduit au fond du creux formé par les bords amincis, bande posée dessus, bande serrée au couteau pour chasser l’air, recouvrement à l’enduit, séchage, seconde couche. On ne superpose jamais deux bandes. Sur une cloison neuve, s’en passer n’est pas une option.

Deux conditions décident du résultat et ne se rattrapent pas. Les enduits ne s’appliquent pas en dessous de 5 °C, ce qui exclut un garage non chauffé en janvier. La finition, peinture ou revêtement, attend sept jours minimum de séchage en ambiance naturelle, un délai que le DTU inscrit noir sur blanc. Peindre au bout de quarante-huit heures donne des joints qui ressortent en lumière rasante six mois plus tard, et aucune peinture ne les rattrape.

Ce qui change dans une salle de bains ou une cuisine

Une salle d’eau privative relève du classement EB+.

Le parement apparent doit être hydrofugé H1, sur toute la cloison, et jusqu’à 1,80 m du sol sur les parties sous rampant. La couleur du carton se vérifie à la pose, plaque par plaque.

L’entraxe des montants passe de 0,60 à 0,40 m dès que le simple parement reçoit un carrelage dont les carreaux dépassent 1 600 cm², soit un format 40 x 40. Ce qui déclenche la règle, ici, c’est le poids du revêtement bien plus que l’humidité de la pièce.

Le pied de cloison reçoit un joint souple entre la lisse et le sol, sur sol brut comme sur sol fini. Sur sol brut, un film polyéthylène s’ajoute et doit dépasser de 2 cm le niveau du sol fini. Si le parement, l’enduit de joint et le mortier de rebouchage sont tous hydrofugés, la sous-couche de protection à l’eau sous carrelage devient inutile.

Par où commencer

Mesurez la hauteur entre sol fini et plafond, aux deux extrémités du tracé prévu. Ce chiffre fixe l’ossature, donc le budget, bien avant que la longueur de la cloison n’entre en jeu.

Décidez ensuite ce que la cloison portera et ce qui la traversera, avant d’acheter la première plaque : une prise, un meuble, un lavabo suspendu, une gaine de ventilation. Chacun ajoute une pièce à la commande.

Le chantier lui-même tient en une journée pour une cloison de 3 m sur 2,50 m, ossature et premier parement compris. Les joints en demandent trois de plus, séchages inclus, et sept jours d’attente avant la peinture. Cette semaine d’attente est la seule qu’on ne peut pas comprimer, et elle commande le calendrier de la pièce entière.

Un particulier soigneux réussit l’ossature sans mal. Ce sont les bandes qu’il rate, et ça se voit sur un mur peint en satin. Monter la cloison soi-même et confier les joints à un plaquiste reste souvent le meilleur partage.